L’urbanisation de la Butte Saint Roch

L’urbanisation de la Butte Saint Roch, totalement envahie par les faubourgs et aboutit au Paris de Louis XIV.

 

En face de la porte Saint Honoré, à la suite de l’édification de l’enceinte de Charles V, les parisiens qui sortant de la ville avaient face à eux une colline. Une butte ! On l’appela ensuite la butte Saint Roch, jusqu’à sa destruction à la moitié du XIXe siècle.

Durant le Moyen Age, elle était le lieu d’abord d’un marché aux pourceaux, car on y conduisait les porcs, mais aussi de différents supplices.

Du fait de son positionnement, elle se trouva progressivement avalée par Paris, qui grandissait toujours et toujours. Aussi, pas étonnant que la butte se soit urbanisée

 

Une butte envahie progressivement par les faubourgs

A partir du XVe et du XVIe, on installa des moulins sur les hauteurs. Ainsi, grâce à la force des vents, on transforma ici du blé en farine.

Certains vignerons y disposaient de quelques arpents de vigne.

Ensuite, au cours du XVIe siècle, deux chapelles y firent établies. Une fut d’ailleurs construite grâce à la générosité ou la piété d’un marchand de porc.

C’est enfin en 1582 qu’on construisit la première église dédiée à Saint Roch. De cette manière, la butte tenait enfin son nom.

 

Les cabarets et une population « malfamée »

Comme la butte se trouvait encore en dehors de la ville, il n’était pas nécessaire de payer l’octroi pour y apporter du vin et de la viande. De ce fait, comme aux autres portes de Paris, les cabarets s’y installèrent et se développèrent au début du XVIIe siècle.

A cette époque, la Butte Saint Roch était considéré comme le quartier le plus famé de Paris. Son urbanisation sans contrôle permettait aux mendiants et vagabonds d’y trouver leurs refuges. Ce d’autant que des règlements de police leur interdisait l’accès dans la ville.

Finalement, difficile de s’imaginer qu’ici, non loin de la rue Saint Honoré et du passage du Marché Saint Honoré, était installé une véritable cour des miracles.

 

L’urbanisation véritable

Cependant, le quartier changeait vite. Progressivement on réalisa de nombreux percements de rues. Ainsi, on prolongea en 1633 un petit axe partant de la rue de Clos Georgeau, jusqu’à la rue Saint Augustin, puis le boulevard Jaune, du nom des fossés des nouveaux remparts de la ville. On lui donna par la suite le nom de la rue Sainte Anne. On pensa d’ailleurs réaliser une porte dans la muraille : la porte Sainte Anne. Toutefois, la Fronde bloqua en partie le projet. Lorsque les troubles se déclarèrent, une brèche, dite Saint Roch, permettait de passer au travers de la muraille.

Ensuite, au niveau de la rue des petits champs, on lotit les anciens terrains occupés précédemment par les jardins et potagers. La mode était alors à l’ouest de Paris. Aussi, des entrepreneurs se précipitèrent sur l’occasion. On réalisa alors de nouvelles maisons, installant de nouvelles rues.

Dans cet espace, des ouvriers terrassaient les sols. Les travaux durèrent 10 ans mais aboutirent à l’installation de demeures magnifiques. Aujourd’hui encore, les visiteurs peuvent y trouver l’Hôtel de Lully. Pour sa maison, le compositeur acheta 210 mètres carrés

 

Remplacement de populations et incorporation dans Paris

Alors bien sûr, les anciens habitants durent fuir. De cette manière, les moulins qui étaient installés en haut de la butte déménagèrent. Certains allèrent à Montmartre et d’autres sur la montagne Sainte Geneviève. Fournier rapporte qu’au milieu du XIXe siècle, un de ces moulins existait encore, à Crouy, en face de Soissons. Ainsi, en 1672, plus aucun moulin ne profitait de la hauteur de la butte.

On continuait à installer des rues sur la butte, avec des jolis noms. De cette manière, les visiteurs au XVIIe siècle pouvaient arpenter la rue des moulins, le rue Thérèse, la rue des Orties… On y trouvait également une fontaine d’amour.

Ainsi, après la destruction des murailles de Paris entre 1668 et 1705 sur la volonté de Louis XIV, la butte Saint Roch se retrouva pleinement dans la ville. Ici, fut construit le Paris du roi soleil, comme le témoignent de nombreux immeubles du lieu encore aujourd’hui.

 

Sources bibliographiques

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