Les charpentiers et les maçons

Les charpentiers et les maçons, deux communautés placées de tout temps sous l’autorité de la police de Paris.

 

Curieux métiers que ceux des charpentiers et des maçons. Si nombreux ! Si importants dans leurs rôles dans la ville ! Et une place à part dans le système corporatif parisien. 

Au XIIIe siècle, ils sont soumis à la juridiction pour les premiers du charpentier royal, pour les seconds au maître maçon du roi. Ces deux représentants de l’autorité royale détiendront les clef et le fonctionnement de ces deux communautés. 

 

Le rôle prédominant et suzerain du charpentier royal et du maître maçon du roi

Les charpentiers furent réglementés par des textes édifiés en 1454 et en 1649. De leurs côtés, les maçons conservèrent les statuts consolidés dans le Livre des Métiers d’Etienne Boileau. 

Dans ce document, le charpentier royal apparaît comme le seigneur féodal des ouvriers. Il dirigeait différentes catégories de travailleurs : charpentiers grossiers, huchers menuisiers, huissiers de porte, tonneliers, charrons, charretiers, couvreurs, cochetiers, tourneurs, lambrisseurs…

Progressivement, certains se sont séparés de son contrôle : les couvreurs eurent leurs statuts en 1327, les huchers et huissiers en 1371, les tourneurs en 1467, les charrons, cochetiers et charretiers en 1498. Aussi, seuls les charpentiers grossiers restaient le cœur de la communauté.

De son côté, au XIIIe siècle, le maître maçon commandait aux destinées des maçons, tailleurs de pierre, mortelliers et plâtriers. Cependant, toute la communauté des maçons resta unie au cours des siècles.

 

René de Lespinasse, historien des métiers parisiens, attribue cette situation particulière au nombre très important d’ouvriers qui œuvraient dans la ville et qui auraient largement dépassés les possibilité de contrôle par les maîtres classiques. La police était donc nécessaire pour suivre leur activité. Aussi, ce fut les sentences de police qui déterminaient durée de la journée, niveau des salaires, nomination et suppression des offices des jurés. A chaque fois, ces textes s’appliquent pour les charpentiers et les maçons. 

 

Evolution du contrôle des charpentiers et des maçons aux cours des siècles

Chaque métier, maçons et charpentiers, disposait de 6 jurés. Ceux-ci étaient élus à vie. En 1405, Charles VI rappelle l’interdiction de céder la charge de jurés, tout en indiquant que suite à la mort de l’un d’entre eux, il revenait au prévôt de Paris de proposer plusieurs candidats. 

Pour devenir maître, un apprentissage de 4 ans était requis. Un juré pouvait former deux apprentis, tandis que les autres maîtres étaient limités à un seul. En revanche, aucune limite dans le nombre de valets avait été définie.

Au cours du XVIIe siècle, le nombre d’offices pour ces métiers se développa : maîtres des œuvres, jurés, contrôleurs, greffiers de la charpenterie et maçonnerie. Chacun de ces postes apportaient privilèges et de ce fait attirait convoitise. 

En 1649, les charpentiers obtinrent de nouveaux textes. On dota alors l’assemblée des maîtres d’un doyen pour la surveillance du métier. A cette date, l’apprentissage fut augmenté pour atteindre 6 ans. 

En 1691, les offices des jurés eurent des impacts différents pour les deux métiers : 

  • pour les maçons, cela se traduisit par la création de 50 offices, qui remplaça les précédentes. Deux classes furent retenues : une pour les architectes bourgeois et une pour les entrepreneurs en bâtiment. 
  • pour les charpentiers : ce fut des particuliers qui obtinrent les charges. La profession dut les racheter pour les sommes de 12 000 et 9 900 livres.

 

La confrérie était dédiée à Saint Joseph. 

 

Sources bibliographiques :

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