Vue du pont Neuf par Israël Silvestre

Vue du pont Neuf par Israël Silvestre : un grand pont monumental dessiné lorsque les eaux étaient très basses

 

Avec les dessins d’Israël Silvestre, nous proposons un voyage visuel dans le Paris du Grand Siècle, celui de Louis XIV qui se transforme sous ses yeux. Ainsi, au fil de ses dessins, à la manière d’une balade, revenons sur les bords de Seine au milieu du XVIIe siècle.

 

La composition du dessin

Alors bien sûr, cette vue sur le pont Neuf est étonnante. Elle ne le met pas au centre largement de la composition. Il est comme masqué par des constructions au premier plan.

Mais finalement, cette composition présente plusieurs avantages. Tout d’abord, au moment de la réalisation de ce croquis, le pont Neuf était le plus grand de Paris, avec sa propre majesté, appuyée par la présence de la statue d’Henri IV. Il fallait donc du recul pour le voir comme il faut. Cependant, on peut imaginer qu’il n’existait pas de pont en aval debout, lorsque Silvestre tient ses crayons de pont plus en aval.

Tout à gauche, discrète sur le croquis, la Tour du Bois, dresse sa hauteur. Vestige de l’ancienne enceinte médiévale, elle protégeait cette entrée de Paris. Les constructions que nous voyons sur le premier plan avec une arche laissant voir la Seine couler derrière devaient aussi être des vestiges de cet ancien ensemble défensif. On ne les retrouvera pas plus tard, lorsqu’Israël Silvestre dressera du pont Royal, sa perspective sur la ville de Paris.

 

Un grand pont sans maison

Malgré un premier plan bien présent, on peut voir avec beaucoup de détails, le pont Neuf d’alors. Les arches se succèdent. Les pierres de maçonneries sont bien visibles… C’était important de montrer cet aspect car la pierre signifiait la richesse. Ainsi, c’est un Paris monumental qui se construit. C’est ainsi qu’il faut interpréter la présence forte du roi Henri IV surplombant l’œuvre qu’il a achevé, dans la continuité de la place Dauphine.

On constate bien que chaque pile est surplombée par les demi-lunes que nous voyons encore aujourd’hui. Destinées à l’installation de boutiques, elles visaient aussi à offrir une vue dégagée. Sur ce plan, aucune maison ne se distingue sur le pont, ce qui constituait alors une exception.

Restons quelques instants sur la base qui servait de piédestal à la statue d’Henri IV. Pour cette réalisation, il avait fallu réunir des anciens îlots à la pointe de l’île de la Cité. Aussi, le roi s’élance sur une véritable fortification, bien en hauteur. A noter que la prolongation hébergeant aujourd’hui le square du vert galant n’existe pas encore.

 

Les berges de la Seine

Sur ce dessin, ce qui est aussi très intéressant, ce sont les berges de la Seine. On les voit alors sans des aménagements maçonnés, formant des quais. Ces rives, permettaient ainsi de faire échouer des bateaux chargés de marchandises. Sauf que sur le dessin, aucun bateau n’est vraiment présent. En regardant de plus près, on peut constater que les personnages représentés par Silvestre avancent bien loin vers le milieu du lit du fleuve.

Le croquis a du être réalisé dans une période de basses eaux, probablement en plein été.

En tout état de cause, les conséquences de la grande crue centennale de 1658 n’avaient pas encore été majeures. En effet, plus tard, ainsi que d’autres dessins de Silvestre le montreront, les berges seront davantage aménagées pour protéger la ville des affres de ce fleuve capricieux.

 

Une ville avec ses nombreux clochers

Avec ce dessin, Silvestre nous propose une vision totalement urbanisée. En dehors de nos remarques sur les berges de la Seine, c’est un espace totalement construit qui se dresse devant nous. Nous avons donc l’occasion de nous arrêter sur les clochers et les flèches qui s’élèvent au-dessus des toits.

Ainsi, sur l’île de la Cité, nous pouvons distinguer à la fois les deux tours de Notre Dame et la flèche de la Sainte Chapelle. Cette dernière, du fait de sa plus grande proximité et du fait que le croquis était réalisé depuis la berge, semble plus grande.

Sur la rive gauche, nous pouvons distinguer l’église des Grands Augustins, juste derrière le pont Neuf.

Enfin, sur la droite, nous pouvons distinguer également le collège des Quatre Nations construit par Mazarin.

 

Des nombreux personnages.

Comme souvent, Silvestre positionne sur son croquis de nombreux personnages. Alors que régulièrement, ils les cantonnent au premier plan, on les voit se déplacer plus loin.

On peut penser que plusieurs parisiens s’activent alors sur les berges de Seine alors que les eaux sont très basses. On ne les voit pas s’affairer comme cela arrivait fortement pour décharger les bateaux. Certains sont à pied, penchés pour voir le niveau de l’eau. D’autres sont à cheval…

 

Sources bibliographiques :

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