Le jardin du duc de Chartres

Le jardin du duc de Chartres : l’ancêtre du parc Monceau, à l’anglaise, avec nombre de jeux et de curiosités.

 

Nous sommes nombreux à admirer le parc Monceau, en regardant avec étonnement ses ruines. Les enfants les imaginent volontiers réelles. Les adultes se disent qu’elles sont fausses. Même si ces derniers sont plus proches d’une réalité historique, le temps donne progressivement raison aux seconds. En effet, ces ruines témoignent finalement d’un parc antérieur au parc Monceau : le jardin du duc de Chartres.

 

En effet, revenons autour de 250 ans en arrière. La plaine Monceau est alors encore une campagne, avec  ses champs. Un prince alors en récupère la propriété : le duc de Chartres. Membre de la famille d’Orléans, le duc de Chartes est dans la vingtaine quand il se marrie et s’installe.

Voulant être de son temps, il est fasciné par les jardins à la mode alors : le jardin  à l’anglaise.

Aussi, il confie à un peintre l’aménagement de son domaine : Louis de Carmontelle.

 

Sur une vingtaine d’hectares, soit bien plus que le parc Monceau actuel, on plante et on construit. Il s‘agit de proposer diverses tableaux, en se plongeant dans différentes ambiances.

 

Le jardin des curiosités

Dans le jardin du duc de Chartres, on voyageait : dans l’espace et dans le temps.

Dans l’espace d’abord ! Ainsi, on évoluait dans une ambiance de campagne : dans une ferme avec sa laiterie, au pied des vignes, au pied d’un moulin à vent. Avec ce dernier, on allait plus loin : en Hollande.

Puis le voyage se poursuit toujours plus loin : un minaret, des tentes turques, mais aussi tartares, un jeu dans une ambiance chinoise…

 

Ensuite, le jardin du duc de Chartres offrait le don de voyager dans le temps.  Ainsi, avec les pavillons français, on revenait alors quelques décennies plus tôt. Ensuite, on entrait dans le Moyen Age, avec le château fort en ruine et son pont levis.

Le voyage se poursuivait une fois encore. On replongeait dans les spectacles des batailles navales romaines : la naumachie, ce bassin si emblématique qui existe encore de nos jours.  Le temple de marbre blanc rappelait les héros de l’Iliade et l’Odyssée. Le temple de Mars existait aussi, en ruine.

Enfin, dans le bois des Tombeaux, on découvrait des pyramides égyptiennes.

 

L’art de reconstituer la nature

Dans un jardin à l’anglaise, il fallait reconstituer des rivières. A Mousseau, comme on disait alors, elles étaient partout. Artificielles, elles s’articulaient autour d’un point haut, le rocher du moulin à vent, et un point bas : le bassin de la naumachie.

L’eau était remontée à l’aide de pompes. Elle descendait ensuite, partout dans le jardin, formant de-ci de-là des îles et passait sous de nombreux ponts.

 

Evidemment, les plaines et les bois sont à l’honneur. Ces derniers, avec les parterres, complétaient les différents tableaux que voulaient peindre Carmontelle. Ils installaient des ambiances particulières, suivant les essences utilisées (peupliers, marronniers mais aussi sycomore et ébéniers…)

 

Un jardin qui connut les agrandissements de Paris

En 1787, on construit une nouvelle enceinte pour Paris : le mur des Fermier généraux. Cette installation n’avait pas de vocation de défense : elle servait à collecter les taxes. L’architecte Claude Nicolas Ledoux réalise ces barrières, avec un projet architectural extravagant : il veut donner à Paris des propylées.

Le tracé traverse le jardin du duc de Chartres et l’ampute en partie. C’est à cette occasion que la rotonde de Chartres fut construite, plus connue sous le nom de rotonde du parc Monceau.

 

Et la Révolution

Le jardin fut confisqué à la Révolution. Fini le temps de jeu, à la bague en particulier. Le domaine fut laissé à l’abandon. Il fallut attendre la Restauration et le retour des Bourbons sur le trône pour que les Orléans le récupèrent. A cette époque, c’était le fils du duc de Chartres qui était le chef de famille : Louis Philippe d’Orléans.

Cependant, avant qu’il ne devienne le dernier roi, Louis Philippe préférait son domaine de Neuilly. Ainsi, il fit transporter le temple de marbre blanc sur l’île de la Jatte, pour le transformer en temple de l’Amour.

Le parc connut véritablement une nouvelle vie avec le Second Empire, quand on aménagea le parc Monceau. Il avait alors perdu beaucoup d’espace, ne mesurant que 8 hectares.

 

Sources bibliographiques :

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