Montfaucon

Montfaucon, son gibet, sa voirie, son écorcherie : un endroit immensément sale avec une odeur à écœurer tous les passants

 

Montfaucon ! L’évocation de ce nom fait penser à beaucoup à Victor Hugo. Les lecteurs de Notre Dame de Paris se remémorent en effet la mort d’Esméralda et de Quasimodo qui la rejoint. Si bien qu’on trouva bien plus tard deux corps enlacés, dont un avait un aspect difforme.

 

Le gibet de Montfaucon

Ici, à Montfaucon, au nord est de Paris, on avait élevé un grand gibet. D’une telle taille que l’on pouvait exécuter 60 personnes au même moment. Manifestement, la taille ne suffisait pas toujours, car on édifia également deux gibets ponctuels sur les côtés.

Ce gibet fut construit sous Philippe le Bel par Enguerrand de Marigny, au XIVe siècle. Il dura ensuite jusqu’à la Révolution. Ce ne fut qu’autour de 1789 qu’il fut totalement détruit.

Les corps pouvaient y rester très longtemps. En effet, il fallait faire des exemples qui se voient longtemps. Enfin, quand les autorités le décidaient, on mettait les restes sous la plateforme, dans une fosse.

 

Les industries nauséabondes

La mort ne concernait pas que les condamnés. En effet, c’était également à Montfaucon qu’on faisait l’équarrissage des chevaux. Une fois que ces animaux n’étaient plus utiles, ils étaient apportés là. Dans le pire des cas, on les laissait mourir là. Une fois morts, les corps étaient transformés pour différents usages. En effet, avec les intestins on faisait des cordes, les sabots des peignes et les tendons de la colle… Des usages très variés.

Ensuite, avec une partie des restes, on élevait les asticots. Ils servaient pour nourrir notamment les faisans. On disait alors que ces larves de mouches étaient d’excellents apports pour l’engraissage.

Enfin, à Montfaucon, on transformait aussi les déchets organiques. Ces restes produisaient de la poudrette, un engrais dans la voirie.

En savoir plus sur les industries nauséabondes de Montfaucon

 

Un lieu de désolation

Tant de saleté et de déchets faisaient vivre bien sûr de nombreux rats. Nombreux est ici un euphémisme ! On estima en 1840 qu’ils étaient 100 000 dans les environs. Une quantité qui faisait peur, si elle venait à se rendre à Paris.

Ensuite, Montfaucon servait de repère pour les brigands la nuit. Ils utilisaient d’ailleurs la chaleur des fours à plâtre à proximité pour faire cuire leur pitance.

 

Situé trop près de la ville de Paris qui grossissait, Montfaucon fut totalement évacué dans les années 1840. La Monarchie de Juillet ne supportait plus cette présence.

 

Sources bibliographiques :

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