L’île de la Cité au XVIIIe siècle

L’île de la Cité au XVIIIe siècle est marquée par des modifications profondes de son organisation religieuse.

 

Un quartier très dense mais sordide

Espace de Paris déjà plus que millénaire, l’île de la Cité était encore au XVIIIe siècle particulièrement dense. L’urbanisme commençait à être particulièrement ancien et de nombreuses petites rues la parcouraient.

Par exemple, grâce aux écrits d’Adolphe Berty, nous pouvons revenir sur la topographie du quartier central de l’île de la Cité, autour de la rue de la Juiverie notamment mais aussi celle des Marmousets et de la Licorne. Ici, s’était construit la prolongation de l’axe historique Nord Sud de Paris. De ce fait, le quartier était très passant. Toutefois, au XVIIIe siècle, l’activité de marché du Moyen Age avait disparu. Il restait encore des petites ruelles (Four Basset, Licorne, Porte Buche…). Les maisons datant des XVe, XVIe et XVIIe siècles étaient encore debout avec des noms typiques : “Image Saint Julien”, “Image Saint Pierre”, “Bannière de France”, “Ecu de France”….

L’endroit était très resserré et la population dense. Ainsi, il était devenu bien sordide.

 

Des ponts dont la physionomie avec leurs maisons qui change

A l’époque, sauf au niveau du pont neuf, tout au bout de l’île, on pouvait avoir quitter les lieux sans se rendre d’avoir traversé la Seine. En effet, les rues menaient simplement à des ponts recouverts de maisons. Ces obstacles à la circulation de l’air dans la ville rendaient l’air des lieux très irrespirables.

Cependant, Paris prend alors au XVIIIe conscience de la nécessité de détruire ces maisons sur les ponts. Les accidents lors des crues ou d’incendies de ponts ont fait trop de morts. Lorsque le petit pont est reconstruit en 1719, aucune maison n’est reconstruite dessus. Ensuite ce ne  fut qu’en 1786 que la décision de supprimer les maisons sur les ponts encore en place est prise. Elle mit toutefois 20 ans pour être totalement appliquée.

 

Un territoire religieux essentiel qui se transforme

Pendant toute la durée du Moyen Age et de la Renaissance, l’île de la Cité comptait près d’une vingtaine d’églises : Saint Denis du Pas, Saint Pierre aux Bœufs, Saint Germain le vieux… Toutefois, au XVIIIe siècle, ce territoire religieux évolue. 

En effet en 1748, les autorités religieuses de la ville revoient l‘organisation des paroisses. Ainsi les paroisses de Saint Jean le rond, Saint Christophe et Sainte Geneviève des Ardents sont dissoutes. Les églises sont alors détruites. Un peu plus tôt, Saint Martial avait du être détruite en 1722. En effet, la loterie qui aurait du financer son entretien fut détournée.

Les destructions des églises de l’île s’accélèrent à la suite de la Révolution, après avoir été vendues comme des biens nationaux. 

 

En outre, les abbayes médiévales étaient parties depuis longtemps. Saint Eloi avait été donné en 1629 aux Barnabites. Les moines de Saint Martin des Champs avaient du laisser Saint Symphorien à la confrérie des peintres en 1704. L’église avait été renommée alors Saint Luc. 

 

La perte du rôle de la Sainte Chapelle

Voici donc la Cité, le grand navire de la France, la nef amirale de l’Occident, avec l’île Saint-Louis, son matelot à la remorque. Elle est amarrée entre les deux deux bras de la Seine…. ” André Suares décrivit ainsi en 1933 l’histoire de l’île de la Cité. 

 

Cependant, au XVIIIe siècle, l’île commence à perdre de sa superbe. Certes, elle était encore le siège de l’Archevêché ! Certes elle était encore le siège du Parlement de Paris qui était installé au Palais. Mais le rôle de ces institutions changent alors. D’ailleurs l’Hôtel Dieu évolue aussi, avec un rôle de bienfaisance, plus que de charité comme auparavant.

 

En 1787, le Conseil du roi décida la suppression des Saintes Chapelles. Le collège de la Sainte Chapelle de Paris est alors frappé d’une véritable léthargie. Elle doit alors réduire son activité. C’est déjà une révolution avant la Révolution. En effet le lieu était un oratoire royal, avec la conservation des reliques de la Passion du Christ, achetées par Saint Louis. Il était loin  le temps, où on imaginait que le Christ reviendrait à Paris chercher sa couronne auprès du roi de France, annonçant la fin du monde.

 

A lire également sur l’île de la Cité, l’article proposé par le Blog Paris Libris, à partir de plusieurs livres anciens de Georges Cain, PL Jacobs, Antoine Robida en cliquant sur ce lien : http://blog.paris-libris.com/lile-de-la-cite/

 

Sources bibliographiques :  

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